AccueilPartagerLa Coopération internationaleLe Jumelage Fosses-Kampti

Coopération décentralisée avec Kampti

Mettre, au cœur du projet politique local, un projet de coopération internationale, c’est faire pour les populations le lien entre local et mondial. Les choix politiques des villes peuvent permettre aux populations au Nord comme au Sud de réfléchir et peser sur les rapports pour construire un monde plus juste et plus humain.

Une démarche réfléchie

Tremblay-en-France est jumelé avec Loropéni depuis les années 90. Kampti, situé à 20 km de Loropeni, cherchait une collectivité locale au Nord en vue d’une coopération. Tout naturellement, les relations entre Tremblay-en-France et Fosses, Loropeni et Kampti ont permis d’organiser un premier voyage du maire de Fosses, Alain Lacombe, en 1999. Le projet de coopération est né l’année suivante en 2000.
Cette démarche s'est  construite dans le temps. Elle a fait l’objet d’une préparation de trois ans, sur des bases objectives et des données de terrain (étude menée par un cabinet burkinabé qui à permis de  définir  les axes de travail et d’intervention). Basée sur l’échange, la solidarité, la réciprocité et la codécision, elle met en place des actions gérables à long terme par les populations locales en toute autonomie. Cette démarche est entreprise en collaboration avec Citées Unies (Fédération des villes jumelées) et le Ministère de la Coopération.
Une relation de jumelage a été formalisée par les conventions signées en 1999 qui assurent  à ces  relations un cadre juridique et opérationnel clair et transparent.

Kampti,  un peu de géographie
Le Burkina Faso

Le "Pays des hommes intègres" est un des pays les plus peuplé de l’Afrique de l’Ouest : 14 millions d’habitants avec une population jeune (50% ont moins de 14 ans). C'est un pays sans accès à la mer, qui ne bénéficie pas de ressources minières ou géologiques importantes. L'activité agricole prédomine : elle représente 1/3 du PIB  et occupe 80% de la population. Il n'y a pas de grandes activités industrielles.

Carte du Burkina Faso

Politiquement stable depuis 20 ans, le Burkina Faso a développé des liens de coopération entre ses collectivités et celles du Nord, en particulier avec la France. Carrefour culturel reconnu, il accueille chaque année diverses manifestations culturelles de renommée internationale : FESPACO (Festival Panafricain du cinéma de Ouagadougou), SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou).

La ville de  Kampti

Kampti compte environ 45 000 habitants répartis sur 115 villages. Son économie locale repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage. Les Lobè forment l’ethnie majoritaire.
La commune de Kampti est une collectivité locale toute jeune : elle a été érigée en commune de plein exercice en 2006. L'assemblée municipale, élue pour 5 ans, est nombreuse (200 membres environs) pour assurer la représentation des 115 villages (2 conseillers par village). Les prochaines élections municipales ont lieu en 2012.
Kampti bénéficie d'un réel potentiel agricole et pastoral (terres disponibles et pluviométrie correcte), d'une population jeune et d'un tissu associatif entreprenant, ainsi que d'une position géostratégique intéressante vis-à-vis du commerce (Ghana, Côte d’Ivoire)

Photo de la mairie de Kampti

Activité agricole :

Surface exploitée moyenne : 6 ha. Principales cultures : mil, sorgho, igname.

Santé :

Un centre médical à Kampti centre, quelques centres de soin, pas de médecin.

Services municipaux :

Etat civil à ses débuts, services communaux en devenir.

Principaux équipements :

Un marché traditionnel, une gare routière non équipé, 123 forages ou puits, deux terrains de sport, une mairie avec salle du conseil et une salle des associations.

Education :

Trente écoles primaires, un collège d'enseignement général et un lycée. 3 500 élèves en primaire dont 46% de filles, 620 élèves dans le secondaire, dont 23% de filles. Taux de scolarisation : 43%

Organisation de la coopération Nord-Sud à Fosses

  • La Mairie (conseil municipal) définit les orientations, participe au financement, assure et coordonne les demandes de financement. Le Cabinet du maire, cellule opérationnelle, assure suivi administratif et opérationnel des actions.
  • Le comité de jumelage Fosses Kampti (CJFK), association loi 1901, reconnue d’intérêt général, compte 30 adhérents et une dizaine de personnes actives.  Il contribue à la définition des orientations, participe au financement et est en charge de promouvoir le jumelage auprès de la population.
  • Le comité de pilotage est l'organe de décision paritaire composée de la Mairie et du Comité de jumelage. Il se réunit tous les trimestres et appelle chaque mois au téléphone l’opérateur à Kampti.

Dix ans d’action, les moments forts

1999 : Signature du protocole de jumelage entre les quatre partenaires (les 2 mairies et les 2 comités de jumelage)
2000 : Etude diagnostic réalisée par un cabinet burkinabé
2001 : Définition des axes de travail et d’intervention
2001 : Envoi d’une délégation de jeunes Fossatussiens à Kampti
2002 : Définition du premier Plan de développement local (PDL) et première demande de subvention auprès du Ministère français des Affaires étrangères (MAE)
2003 : Mise en place du premier opérateur (AFVP) et signature des différentes conventions
2004-2007 : Mise en place et réalisation du premier PDL, construction d’équipements scolaires, mise en place des structures villageoises : Comité d’orientation, Comité de décision, Rédacteurs locaux, Femmes ressources. Mise en place des actions d’aide à la culture attelée, au petit élevage et d'activités génératrices de revenu pour les femmes.
2006-2007 : Réalisation de mallettes pédagogiques, visites dans les écoles de Fosses et correspondances avec des écoles de Kampti.
2007 : Evaluation et bilan. Rédaction commune à Kampti du PDL 2 et présentation du dossier de subvention auprès du MAE.
2007 : Tournoi international de Futsal à Fosses : accueil de délégations de jeunes de Bil’in (Palestine), Kinshasa (Congo) et Kampti.
2008-2009 : Réalisation du PDL 2, maintien de l'aide aux activités économiques :  agriculture, élevage, activités des femmes,  et mise en place de l'appui institutionnel
2009 : 10 ans du jumelage, bilan avec une délégation kampté des actions réalisées. Présentation au MAE d’un  troisième dossier de subvention pour la période trisannuelle 2010-2012.

Février 2011 : Une délégation de Fosses composée du maire, Pierre Barros, de deux adjointes (Madeleine Barros et Florence Leber), du directeur de cabinet, Philippe Delbard, se rend à Kampti du 13 au 23 février avec deux membres du comité de jumelage Fosses-Kampti (Hélène Morandeau et Denis Vemclefs), pour étudier sur place les avancées du PDL. Chaque année depuis 1999, le comité de jumelage Fosses-Kampti participe aux manifestations locales de Fosses pour faire connaître le jumelage et l’action menée à Kampti : fête de la ville, marché de Noël, journée du patrimoine, forum des associations, semaine de la Solidarité.

Le Plan de Développement Local (PDL)

Les objectifs

  • Répondre aux besoins des populations  en équipements et formation dans leurs activités principales, promouvoir et développer les activités génératrices de revenus pour les femmes.
  • Former les acteurs locaux et aider à la mise en place de structures locales pour atteindre l'autonomie et la pérennité des actions entreprises.
  • Accompagner la Mairie de Kampti et les services municipaux dans leur organisation.

Les actions financées et/ou à financer

Photo de la visite d'une exploitation de culture maraîchère à Kampti

  • L’agriculture et l’élevage : équipement en bœufs de trait et matériels agricoles, construction de bâtiments d’élevage, maraîchage, environnement, lutte contre feu de brousse, plantation et reboisement.
  • Activités génératrices de revenus pour les femmes, micros projets : petits commerces, activités artisanales.
  • Education et santé : construction de salles de classe, maison de professeur et latrines, actions de sensibilisation.
  • Appui institutionnel : appui en matière de formation pour les élus, appui à la mise en place de service municipaux.

Les acteurs locaux  à Kampti

  • Photo d'une rencontre entre délégation de Fosses et femmes ressources de KamptiLe Comité d’orientation composé des représentants des partenaires du PDL (les communes et comités de jumelage de Kampti et Fosses) définit les grandes orientations statue sur les correctifs et évalue. Il se réunit une fois par an.
  • Le Comité de décision et le Comité des Femmes Ressources sont composés des représentants des comités villageois, ils organisent des commissions d’octroi pour choisir les projets à retenir et en assurer le suivi.
  • Les rédacteurs locaux rédigent et formalisent les microprojets émanant de la population, il s’agit de villageois formés à la fonction d’écrivain public.
  • L’équipe appui conseil est composée d’un ou une volontaire AFVP (Volontaire du progrès) et de conseillers en développement burkinabés. Elle initie, coordonne et contrôle les actions sur place. Elle assure une partie de la formation.
  • L’opérateur est un cabinet burkinabé assurant la gestion administrative et financière depuis Ouagadougou.

Bilan sommaire des actions entreprises

500 micros projets retenus et financés

  • Agriculture : culture attelée, attelage et équipements agricoles, maraîchage, ...
  • Petit élevage : campagne de vaccination, aide à la construction de petits bâtiments d’élevage
  • Economie : activités génératrices de  revenus pour les femmes.
  • Formation : 150 jours de formation dispensée à 2 500 personnes.
  • Equipement éducatif : 2 écoles de 3 classes et 2 logements de maîtres construits.

Photo de l'école Fosses-Kodo

Témoignages de bénéficiaires

« J’ai bénéficié d’une charrue, ce qui m’a permis de construire 2 ha de maïs et de haricots. Quand je n’avais pas de charrue, je ne produisais  même pas un ha. Aujourd’hui, compte tenu de l’amélioration de la production, si je dois faire face à une panne de matériel, avec l’argent gagné, j’ai le moyen de la réparer. »
« Avant, quand on voulait une charrue, il fallait demander un prêt bancaire. Si l’on n’arrivait pas à rembourser, la charrue nous était retirée. Aujourd’hui la participation demandée est davantage à la hauteur de nos possibilités »
Deux paysans de Guirina

« J’ai bénéficié d’une charrette à eau. Ce qui m’a aidé pour l’arrosage des arbres qui auparavant mourraient et pour aller chercher l’eau de la famille. Avant je portais l’eau sur la tête. Maintenant je vieillis et j’ai de plus en plus de mal pour le faire. Les jeunes ne veulent plus porter l’eau. Les charrettes ont permis de remotiver les jeunes pour la corvée d’eau »
Une femme ressource de Bantara